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L’équipe du professeur Chokmani développe un dispositif d’alerte et de vigilance aux embâcles

Peut-on prévoir la formation d’un embâcle de glace? Demandez à DAVE…

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13 mars 2018 // par Stéphanie Thibault
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Lorsque le lit d’une rivière devient un torrent de blocs de glace menaçant de bloquer le flot, d’abîmer les structures et d’inonder les berges, les services de sécurité sont souvent pris au dépourvu. Quelle sera l’évolution de cette crue soudaine? La formation d’embâcles de glace, un scénario pouvant mener à d’importants dommages, est difficile à prévoir à l’heure actuelle puisqu’elle dépend d’un grand nombre de facteurs qui ne sont pas aisés à agréger. Données météorologiques et hydrographiques, informations sur le couvert de glace, historique des débâcles, données en temps réel… interpréter tout cela en même temps pour une région précise ou pour un territoire plus vaste demeure un défi de taille. 
 
 
Une équipe de l’INRS propose la mise en place d’un dispositif qui traiterait l’ensemble de ces informations afin de fournir une aide à la décision pour les équipes d’intervention et ainsi atténuer les impacts des inondations par embâcle de glace. Elles ont nommé leur système DAVE, pour Dispositif d’Alerte et de Vigilance aux Embâcles. Le professeur Karem Chokmani explique ce projet innovant…
 
 
Pourquoi les embâcles se forment-ils ?
Les cours d’eaux sont comme des routes, sauf que ce qui y circule est de l’eau, sous forme liquide ou solide. La circulation d’une route est fluide, sauf dans certaines circonstances : trop de véhicules s’engagent en même temps, la route est rétrécie ou deux routes se rejoignent par exemple. Pour un cours d’eau, c’est pareil. Des segments sont prédisposés à former des embouteillages qu’on appelle des embâcles. À ces endroits, des amoncellements de glace peuvent se former et bloquent la circulation de l’eau. Cependant, l’eau ne s’arrête pas comme les véhicules sur une route. En amont de l’embâcle, le niveau du cours d’eau monte et peut causer des inondations.
 
Les raisons pour lesquelles les embâcles se forment sont nombreuses. Voici deux circonstances qu’on rencontre régulièrement. 
 
Au cours de la saison froide, il survient souvent des redoux. La glace se fragilise et si elle se détache dans certaines parties d’une rivière, elle peut aller s’accumuler plus loin. C’est dans les zones propices que cela survient, à la rencontre d’une pente qui se réduit, d’un rétrécissement du lit, d’un affluent ou encore d’une structure.
 
Enfin, au printemps, on assiste à d’autres embâcles lors de la fonte. Cela fait bien des occasions d’embâcles dans des climats comme celui du Québec. Ici, deux inondations sur trois se produisent en présence de glace, ce qui est énorme !
 
 
Quelles sont les conditions qui doivent être réunies pour qu’un embâcle se forme ?
J’ai déjà mentionné les caractéristiques géospatiales du cours d’eau : changement de pente, arrivée d’un affluent, rétrécissement, obstacles ou structures. Il y a aussi les aspects hydrométéorologiques : un redoux, de fortes précipitations liquides, une fonte rapide, la succession de conditions météorologiques particulières. L’épaisseur du couvert de neige lors de la fonte joue un rôle. 
 
 
Pourquoi est-il difficile d’anticiper les embâcles ?
Les paramètres à surveiller sont nombreux et ils ne sont pas tous mesurés et colligés. En fait, sur un territoire qui comporte autant de cours d’eau que le Québec, on n’a pas en ce moment la possibilité de tout surveiller. Et pour anticiper, il faut suivre l’évolution de la situation et la comparer à des modèles. À l’heure actuelle, nous avons bien une cartographie des zones à risque d’embâcle que la professeure Monique Bernier a réalisée à l’INRS. Cette cartographie est fort utile, mais il faut y ajouter d’autres données pour pouvoir construire des modèles performants.
 
 
En quoi DAVE est-il innovateur ?
Justement, DAVE vise à mettre ensemble toutes les données. Nous avons un historique des embâcles depuis 1985, soit 800 événements rapportés par le ministère de la Sécurité publique. Nous enrichissons ces données avec celles que nous recueillons : cartes, images satellites, données hydrographiques et géospatiales, observations citoyennes, données météorologiques. 
 
Cela nous permet d’identifier les zones les plus à risque d’embâcle et d’en faire une surveillance accrue à court terme. À moyen terme, nous allons utiliser ces données pour construire des modèles qui nous permettront de mieux comprendre la formation des embâcles. Quelles séquences d’événements mènent à quel type d’embâcle ? Quelles conditions sont réunies ? Nos modèles permettront de réagir plus rapidement lorsque nécessaire. 
 

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