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Archéométrie et interdisciplinarité

Un été à saveur archéologique pour des chercheuses de l'INRS

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5 octobre 2015 // par Mathilde Renaud et Geneviève Treyvaud
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Une campagne de l’école de fouilles archéologiques de l’Université de Montréal a été complétée cet été à l’île Saint-Bernard à Châteauguay (photo). L’équipe de 2015 était dirigée par Adian Burke, professeur d’anthropologie à l’Université de Montréal et Geneviève Treyvaud, chercheuse postdoctorale au Centre Terre Eau Environnement de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Onze étudiants de plusieurs établissements universitaires québécois (Concordia, INRS, MCGill, Université de Montréal, Université Laval) y participaient, dont les doctorantes de l’INRS Camille Guilleux et Karista Hudelson, ainsi que des étudiants de la Première Nation Mohawk de Kahnawà:ke. 

 

 

 

Durant la campagne estivale, quatre carrés de 

fouille ont été ouverts : deux devant l’ancien manoir des Sœurs grises et deux entre le manoir et la maison Marguerite. Une partie des murs de fondation de deux bâtiments a été mis au jour devant le manoir dans des couches datant du 18e et du 17e siècles. L’étude du mur et des objets trouvés (terre cuite commune vernissée, tessons de verre, balles de mousquet et pierres à fusil) suggère que cette construction est associée à la maison seigneuriale et à son occupation datant de la période de Robutel de La Noue au 18e siècle (photo).

 

 

Les travaux réalisés entre l’ancien manoir des Sœurs grises et la maison Marguerite ont aussi révélé les fondations d’un mur très ancien ainsi que plusieurs objets, dont des céramiques de type faïence, des pipes en terre cuite, etc. Ces vestiges pourraient être associés à des occupations datant de l’établissement de Charles LeMoyne au 17e siècle. Des artéfacts typiques des occupations amérindiennes du 16e et 17e siècles ont aussi été trouvés dans ces couches (cônes clinquants forgés à partir de chaudrons de cuivre, perles de traite, poterie de facture amérindienne).

 

Artéfacts amérindiens de la période préhistorique : tessons de poterie, morceaux de pipe en terre cuite, pointe de projectile, couteau et hache de pierre

Artéfacts de la période de contact (16e-17e siècle) :

pierre à fusil en silex, morceau de fourneau de pipe en argile, perles d'argilite rouge, perles de traite en verre, cône clinquant et morceau de chaudron en alliage de cuivre

 

Archéométrie et interdisciplinarité : le rôle de l’INRS

L’archéométrie désigne l’ensemble des techniques et des méthodes d’analyses spécifiques utilisées en archéologie, comme la datation au radiocarbone, la tomodensitométrie, la thermoluminescence, etc. De nos jours, la recherche archéologique a élargi ses objectifs et inclut la reconstitution des modes de vie et de leurs changements au fil du temps afin de mieux comprendre les sociétés du passé et par le fait même celles d’aujourd’hui. Ainsi, de nouvelles méthodes et collaborations (entre archéologues, chimistes, physiciens, géologues et biologistes) se sont développées. La diversité des laboratoires et des spécialités des chercheurs du Centre Eau Terre Environnement de l’INRS en font un lieu idéal pour réaliser un projet archéologique basé sur l’interdisciplinarité. La codirectrice du projet, Geneviève Treyvaud, travaille depuis 2009 avec le laboratoire multidisciplinaire de scanographie de l’INRS pour caractériser les matériaux archéologiques par tomodensitométrie. Cette méthode permet d’étudier les artéfacts dans leur intégrité. Elle permet de déterminer les types de matériaux et les modes de fabrication, d’utilisation et de transformation des objets. Depuis le printemps dernier, la chercheuse réalise un projet postdoctoral dans ce  laboratoire dont l’objectif est de créer une base de données sur les matériaux archéologiques présents sur les sites du Nord-Est canadien et de développer une expertise en archéologie à l’INRS.

 

Une fois la campagne de fouilles archéologiques terminée, le plus gros du travail reste à faire. En effet, il faut analyser les artéfacts et les échantillons de sol et de charbon et consulter les archives et les cartes anciennes afin de bien interpréter les découvertes. L'équipe de l'INRS a élaboré une méthodologie d’analyse en cinq points permettant d’étudier à la fois les artéfacts, les sols d’occupation et les structures :

 

Analyse 1  L'examen par tomodensitométrie en vue d’obtenir des images 3D  (ou une cartographie) des artéfacts et des échantillons de sols. Les résultats permettront de documenter les types de matériaux, les traces d’utilisation, les éléments décoratifs ainsi que les marques et les processus de fabrication des objets.

 

Analyse 2  L'utilisation du scanneur ITRAX pour faire l’analyse géochimique et obtenir des radiographies à haute résolution des échantillons de sols ou de matériaux. Des échantillons de mortier seront analysés pour en déterminer la composition chimique afin de dater des structures en pierre comme des murs.

 

Le grand avantage des types d’analyse 1 et 2 pour l'archéologie est l'absence d'altération de l’intégrité de l’objet étudié.

 

Analyse 3  Les trois types de détecteurs disponibles sur le microscope électronique à balayage permettent de déterminer la topographie et la composition chimique élémentaire d'un très petit échantillon ou objet. Ces analyses serviront à identifier la provenance des matériaux et à définir des zones de travail sur le site, pour le tannage des peaux ou la cuisson par exemple.

 

Analyse 4  L’utilisation de la spectrométrie de masse permet d’identifier et de quantifier des matériaux inconnus. Cette technique offre une sensibilité extrêmement élevée pour un large éventail d'éléments. Les résultats mettront en évidence la variation chimique des sols causée par l’occupation humaine.

 

Analyse 5  Les diatomées, un type de phytoplancton, sont très sensibles à la chimie de l’eau, ce qui en font de bons indicateurs des conditions du passé. L’analyse des microfossiles de diatomées présents dans les argiles de fragments de poterie permettra de déterminer si les poteries ont des origines différentes et donc, donnera des indications sur des échanges ou voyages effectués par les occupants du site. Quant aux diatomées présentes dans les couches de sol des différentes périodes historiques (Amérindienne vs contact avec les Européens), leur analyse donnera des indications sur les impacts de la colonisation européenne sur le milieu.

 

Les trois premières analyses seront réalisées par Geneviève Treyvaud (au centre sur la photo) en partie dans le cadre de son stage postdoctoral. Les résultats apporteront une meilleure compréhension de l’occupation de l’île Saint-Bernard aux différentes périodes historiques. L’analyse 4 sera réalisée par Camille Guilleux (à droite sur la photo) en collaboration avec Geneviève Treyvaud. Enfin, la dernière analyse (5) sera effectuée par Karista Hudelson (à gauche sur la photo).

 
 
 
 
 
 

Pour en savoir plus

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https://www.facebook.com/pages/Chantier-%C3%A9cole-%C3%8Ele-Saint-Bernard-campagne-2015/1421464958182660

 

Crédits photos

Île Saint-Bernard : Canards Illimités

Toutes les autres photos : Équipe de l'école de fouilles archéologiques 2015

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